Les docs du mois
Rencontre avec les membres de l'association Cheval Faire Kezeg Plijadur

TRAIT DE VIE

  • vendredi 20 avril à 20h30

Documentaire français de Sophie Arlot et Fabien Rabin

Durée : 1h15

Manu, Lucie, Philippe, Amandine et Martial ont l’image de paysans et paysannes « hors du temps », de fous, de doux rêveurs. Pourtant c’est dans la recherche d’un bienêtre que ces débardeurs, maraîchers ou même céréaliers travaillent avec des animaux de trait. Leurs histoires croisées montrent que la pratique de la traction animale s’organise et se réinvente dans un pays où l’agriculture est des plus mécanisée.

Chez eux, les bêtes sont des « collègues » : ces agriculteurs ont fait le choix de la traction animale. Apprentissage, pratique et transmission de techniques oubliées : Trait de vie raconte une réinvention. Car le matériel d’attelage n’existant quasiment plus, ils le bricolent : belles scènes, notamment celle où l’un d’entre eux dit s’inspirer des Amish. Recourant le moins possible au montage, les auteurs laissent les plans durer et la parole se développer : ils épousent le rythme de travail des animaux. Le résultat est apaisant, à rebours de la frénésie moderne. Télérama

LA FINALE

  • samedi 21 avril à 20h30
  • dimanche 22 avril à 15h

Comédie française de Robin Sykes avec Thierry Lhermitte et Rayane Bensetti

Durée : 1h25

Séance accessible aux personnes malvoyantes et malentendantes (système Fidelio)

Toute la famille Verdi est aux petits soins pour s’occuper de Roland, le grand-père, qui perd un peu la boule ces derniers temps. Tous sauf JB, l'ado de la famille, qui n'a qu'un seul but : monter à Paris pour disputer sa finale de basket. Mais ses parents, bloqués ce week-end-là, lui demandent d’y renoncer pour surveiller son grand-père. JB décide alors de l’embarquer avec lui… Pendant ce voyage, rien ne se passera comme prévu…

Road-movie inventif et jamais essoufflé, cette finale très intergénérationnelle et tout en rebondissements offre à Thierry Lhermitte, funambule du comique et de l'émotion, l'un de ses plus grands rôles. Le Parisien

Festival Play it Again !
Les plus beaux classiques en version restaurée
Films présentés par Erwan Cadoret, professeur de cinéma

LE BEL ANTONIO

  • dimanche 22 avril à 17h30 en VOST

Drame franco-italien de Mauro Bolognini (1960) avec Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale et Pierre Brasseur

Durée : 1h45

Après avoir longtemps vécu à Rome, le séduisant Antonio Magnano revient dans sa ville natale, à Catalane. Là, sa beauté lui vaut une réputation de véritable Don Juan. Ses parents ont décidé de le marier à Barbara Puglisi, la fille d'un riche notaire. Antonio tombe aussitôt éperdûment amoureux d'elle qui est belle, douce, pure et amoureuse. Le jour de leur mariage, nombre de femmes sont inconsolables. Les jeunes époux se rendent à la campagne où ils sont heureux. Mais un an après, les parents de Barbara demandent l'annulation du mariage, car il n'est pas consommé...

Mastroianni venait d'exploser en séduc­teur mondain dans La Dolce Vita, de Fellini. Sans perdre de temps, il cassa son immédiate et légendaire image de marque. Dans cette charge satirique, très osée pour l'époque, le don Juan incarne... un im­puissant. Quant à Claudia Car­dinale, qui venait d'être une pension­naire de maison close dans La Viaccia, de Bolognini également, elle est ici une jeune fille vierge ! Ils sont tous deux magnifiques en affrontant des situations déli­cates dans le sous-­entendu. Pasolini, encore scénariste, aborde la sexualité à travers les tabous et les préjugés d'une communauté sicilienne. La comédie se teinte peu à peu de gravité. Grâce à l'élégance de la mise en scène, elle trouble, puis finit par déranger par sa dénonciation virulente des moeurs. Poignant. Télérama

LES MOISSONS DU CIEL
Days of Heaven

  • dimanche 22 avril à 20h30 in English

Drame américain de Terrence Malick (1979) avec Richard Gere, Brooke Adams et Linda Manz

Durée : 1h35

En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa sœur Linda quittent Chicago pour faire les moissons au Texas. Voyant là l'opportunité de sortir de la misère, Bill pousse Abby à céder aux avances d'un riche fermier, qu'ils savent atteint d'une maladie incurable...

Splendeur plastique et planante, Les Moissons du Ciel de Terrence Malick resurgit des limbes seventies du cinéma. Avare de dialogues, le film fut un échec commercial qui plongea le réalisateur dans une retraite de vingt ans. Il contient pourtant déjà ce qui fera la beauté de La Ligne rouge ou du Nouveau Monde. Malick filme avec génie les champs de blé, les ciels changeants, le travail collectif, place humains ou animaux dans ses cadres avec la maestria du peintre qui distribue ses couleurs dans un tableau. Il a plus de mal à donner épaisseur et chair à ses personnages, comme à leurs relations et rapports de force. En même temps, on ne peut s’empêcher de penser que cette distanciation (soulignée par la voix off, motif récurrent chez Malick), cette façon de ne pas surligner un scénario tracé en pointillés ou de dessiner un personnage en deux coups de crayon relevaient de la volonté du réalisateur, que cette évanescence du récit définissait son style et sa modernité. Les Inrockuptibles

THE RIDER

  • lundi 23 avril à 20h30 in English

Drame américain de Chloé Zhao avec Brady, Tim et Lilly Jandreau

Durée : 1h45

Grand Prix du Festival du Cinéma Américain de Deauville

Le jeune cowboy Brady, étoile montante du rodéo, apprend qu'après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu'il ne peut plus s'adonner à l'équitation et la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d'une nouvelle identité et tente de définir ce qu'implique être un homme au coeur de l'Amérique.

Tous les acteurs, non professionnels, campent des personnages fidè­les à ceux qu’ils sont dans la vraie vie. C’est d’ailleurs le véritable coup de ­sabot d’un mustang sur le crâne de Brady, et ses conséquences familiales et psychologiques, qui a permis à ce wes­tern réaliste d’exister. Dans des paysages sublimes, toujours filmés à l’aube ou au crépuscule, pour donner des couleurs à des existences qui en manquent cruellement, Chloé Zhao aborde, en creux, des ques­tions aussi cruciales que l’assimilation, la relation homme-animal, la nature et la culture. Ses cow-boys indiens anachroniques, que le monde moderne voudrait contraindre à travailler au ­supermarché, en évoquent bien d’au­tres, dont les fantômes hollywoodiens surgissent dans les plaines et collines du Dakota. Télérama

MEKTOUB MY LOVE
Canto Uno

  • mardi 24 avril à 20h30

Drame français d'Abdellatif Kechiche avec Shaïn Boumedine et Ophélie Bau

Durée : 2h55

Séance accessible aux personnes malvoyantes et malentendantes (système Fidelio)

Sète, 1994. Amin, apprenti scénariste installé à Paris, retourne un été dans sa ville natale, pour retrouver famille et amis d’enfance. Accompagné de son cousin Tony et de sa meilleure amie Ophélie, Amin passe son temps entre le restaurant de spécialités tunisiennes tenu par ses parents, les bars de quartier, et la plage fréquentée par les filles en vacances. Fasciné par les nombreuses figures féminines qui l’entourent, Amin reste en retrait et contemple ces sirènes de l’été, contrairement à son cousin qui se jette dans l’ivresse des corps. Mais quand vient le temps d’aimer, seul le destin - le mektoub - peut décider.

Dans des scènes qui s’étirent, le cinéaste observe ses sujets vivre. Sa caméra filme les corps sous une lumière sublime. Et nous livre 2h55 d’une fresque naturaliste de toute beauté sur la jeunesse et le désir. Le Parisien